Le magazine des carrières publiques

Vie et bien-être au bureau

Vie privée / Vie professionnelle, ne pas se fier aux pis-aller



Alors que les intégristes de la séparation ne jurent que par un mur porteur édifié entre bureau et maison, Laura Venderkam défendait, en 2016, une certaine perméabilité entre les deux univers, vie privée / vie professionnelle. Pourquoi pas, en effet, avoir envie d’avoir le choix… Mais à condition d’avoir le choix d’avoir envie.

« Travailler un peu le week-end peut vous procurer une vie plus équilibrée en semaine. » Dans un article de novembre 2016 qui vient de resurgir grâce aux sacs et ressacs de LindekIn, Laura Venderkam, experte de la gestion du temps, défend une certaine porosité entre boulot et dodo. À l’éternelle poursuite d’une deadline que je ne rattrape jamais, la journaliste que je suis pourrait aisément souscrire à cette vision déculpabilisante d’une semaine s’étirant ainsi avec la souplesse du chat devant la cheminée.

Et tant pis si l’aptitude à concilier vie professionnelle et vie personnelle arrive régulièrement en tête des aspirations des salariés. Tant pis si, entre horaires atypiques et mails intempestifs, plus d’un tiers des agents territoriaux ont justement de plus en plus de mal à jongler entre leurs diverses responsabilités. Tant pis si, sous la pression, la plupart des organisations privées et publiques se mettent enfin à travailler ce point majeur de la qualité de vie au travail qui est justement de laisser le travail au travail.

Déculpabiliser les unes ne rend pas les autres moins coupables

Oublions tout cela et laissons donc les entreprises poursuivre leur rythme puisque, « travailler le week-end peut parfois être moins stressant que de ne pas travailler du tout le week-end », comme l’indique Laura Vanderkam, sans sembler s’en étonner. Et, à la limite, oublions même que l’experte se base sur l’expérience de personnes qui gagnent bien leur vie (sic !) pour rédiger ces conseils. Mais, avec la meilleure volonté du monde, peut-on oublier aussi que lesdites personnes sont toutes des femmes qui sacrifient ainsi quelques heures de leurs samedis et/ou dimanches « pour pouvoir partir plus tôt la semaine » et aller, qui « chercher son enfant à la crèche », qui « préparer un dîner »… » Ohé… Cela ne choque personne ??! Déculpabiliser les unes ne rendra jamais les autres moins coupables de leur insolente indifférence.

À quand donc, en effet, une prise en compte réelle des temps des femmes dans les temps de travail, voire – miracle ! – un partage effectif des tâches ?… Pour qu’enfin, Madame Vanderkam, le choix de vos répondantes en soit véritablement un.

Laurence Denès

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