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Gérer ses priorités au travail : Pareto et Eisenhower à la rescousse



Gérer ses priorités au travail : un bel objectif… Pas évident à appliquer ! Pas de panique : la loi de Pareto, la matrice d’Eisenhower et la sagesse populaire vous révèlent leurs secrets.

La loi de Pareto ou la « paresse stratégique »

 

Dans les années 1900, Vilfredo Pareto, économiste et sociologue italien, découvre que très souvent, 20% de la population d’un pays possède 80% des richesses. Dans les années 40, Joseph Juran, ingénieur, reprend cette loi et l’applique à la gestion de la qualité. 20% des défauts causeraient 80% des problèmes. Aujourd’hui, on applique cette loi à beaucoup de domaines : économie, gestion de la clientèle, impôts, et même le cyclisme… En gestion du temps, la loi de Pareto nous incite à nous concentrer sur l’essentiel. Puisque 20% de nos efforts produisent 80% de notre travail, autant opter pour ce que Sylvie Gendreau, chargée de cours à Polytechnique Montréal, appelle la « paresse stratégique». Sélectionner ses tâches prioritaires, les effectuer au moment où l’on a le plus d’énergie (le matin, par exemple), et garder les détails annexes pour plus tard.

 

Définir ses priorités avec Eisenhower

 

Mais qu’est-ce que l’essentiel ? Pour Sylvie Gendreau, il suffit de se poser une question : Si je ne devais travailler que deux heures par jour, qu’est ce que je ferais ? Pour une sélection plus formelle, il y a la matrice d’Eisenhower. Basée sur une citation supposée du 34e président des Etats-Unis, elle consiste à classer les tâches selon deux axes : urgence et importance. En résultent quatre groupes :

  • tâche importante et urgente : à faire immédiatement
  • tâche importante et non-urgente : à planifier
  • tâche urgente et non-importante : à déléguer
  • tâche non-importante et non-urgente : à éliminer

 

Le mieux est l’ennemi du bien

 

Au quotidien, ces deux lois nous invitent à reconsidérer ce qui est essentiel. Faut-il plutôt finir la rédaction de ce dossier, ou s’attarder sur sa mise en page ? En extrapolant, on en vient à la sagesse populaire : le mieux est l’ennemi du bien. En des temps où nous sommes tous enjoints à la perfection – le perfectionnisme serait d’ailleurs un problème de santé publique, il est bon de se rappeler que le plus important est d’assurer les 20% d’efforts qui produisent 80% du travail, et que le reste est une cerise sur le gâteau.

 

Julie Desbiolles

 

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