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« Je ne veux pas rester dans ma tour d’ivoire » – Sébastien Lajoux, Directeur Général Adjoint aux RH, Université de Lorraine



D’une association de maires à l’université en passant par un Conseil départemental, Sébastien Lajoux traverse les expériences professionnelles avec la même passion : celle de construire à partir des agents un service public efficace et reconnu comme tel.

Vous êtes directeur général adjoint en charge des RH à l’université de Lorraine et vous occupiez auparavant le même poste au Conseil départemental des Vosges. Comment définir la continuité entre les deux postes ?

 

J’ai une formation juridique et j’ai commencé, à l’époque, une thèse sur le financement du service public. J’ai tout de suite été attiré par le travail dans les collectivités locales. En 2001, en parallèle à ma thèse, j’ai saisi l’opportunité d’intégrer l’Association des maires des Vosges, qui comptait près de 600 adhérents, au poste de responsable juridique. Quatre ans plus tard, j’ai rejoint le Département des Vosges, d’abord en qualité d’adjoint au directeur des RH, pour suivre plus particulièrement le service de la « gestion statutaire ».

En 2010, au départ du directeur des RH, on m’a proposé de reprendre sa place, un poste que j’ai occupé jusqu’à mon arrivée en 2016 à l’Université de Lorraine. Je trouve qu’il y a une certaine linéarité dans le parcours, même si le grand saut a été le fait d’accepter de rejoindre l’Université. Un pur hasard. J’avais animé un colloque avec un directeur de cabinet de recrutement. Et quelques temps après j’ai été appelé pour candidater sur ce poste. Je n’avais pas particulièrement l’intention de quitter le Conseil départemental. Mais j’y suis allé et j’ai découvert un univers et des défis passionnants à relever.

 

C’est-à-dire ?

 

L’Université de Lorraine est la deuxième de France en nombre d’agents et d’étudiants. Elle compte 7 000 agents, dont 4 000 enseignants-chercheurs pour 60 000 étudiants. C’est le deuxième employeur de Lorraine, après le CHU. Cette université est le fruit de la fusion, des trois universités de Nancy et de celle de Metz et opérée en 2012. Mais on sent encore, 7 ans plus tard, que les cadres n’ont pas tous trouvé le bon positionnement. Je crois que j’ai été recruté parce que je me suis passionné très tôt pour les problématiques de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, doublé d’une certaine disponibilité au dialogue social. La masse salariale annuelle de l’université, c’est 450 M€, 85 % du budget global de l’université. C’est énorme. Le seul service RH compte 120 agents répartis sur 3 sites différents.

 

Comment vous impliquez-vous dans la stratégie de développement de l’université ?

 

Je ne veux pas rester dans ma tour d’ivoire. Nous sommes tous engagés pour faire en sorte que l’université devienne légitime et cela passe par un travail de proximité. C’est tout de même étonnant que le deuxième employeur de la région ne soit pas plus reconnu comme un acteur majeur de la vie économico-social du territoire. Nous disposons du label européen des ressources humaines d’excellence. Nous nous en servons comme d’un catalyseur car développer de la dynamique en interne rejaillit à l’extérieur. Nos projets et nos initiatives améliorent d’année en année notre image et inscrivent l’université comme un acteur reconnu du territoire.

 

Stéphane Menu

 

Le conseil de l’interviewé

« N’ayez aucun plan de carrière ! »

« J’ai un mauvais conseil à donner, venant d’un DRH : n’ayez aucun plan de carrière ! Je provoque un peu mais je le crois. Il faut s’affranchir des prudences, surtout dès que vous avez forgé un socle d’expérience suffisamment solide ».

 

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