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Télétravail : les agents applaudissent, les managers s’inquiètent



Si les agents de la fonction publique sont plutôt séduits par le télétravail, les managers se montrent globalement réticents. Les employeurs publics réclament quant à eux une plus grande souplesse du dispositif.

Telles sont les principales conclusions d’un rapport publié fin janvier 2019 par la DGAFP (Direction générale de l’administration et de la fonction publique), notamment à partir des premiers résultats recueillis entre février et octobre 2018 auprès d’un échantillon représentatif de collectivités locales, services de l’État et établissements publics.

Les réponses apportées montrent que le télétravail n’est pas encore profondément enraciné au sein de la sphère publique. Contrairement au secteur privé où les premières expériences datent du début des années 2000, les collectivités locales et les administrations de l’Etat ne peuvent recourir à cette forme de travail à distance que depuis l’entrée en vigueur du décret du 11 février 2016 précisant les conditions d’application du télétravail dans la fonction publique à la suite de la loi du 22 mars 2012.

 

Les agents satisfaits du télétravail

 

En dépit de sa mise en place relativement récente dans la FPE et la FPT (la FPH étant très marginalement concernée par le dispositif), le télétravail semble d’ores déjà plébiscité par les personnels. En effet, ces derniers voient d’abord dans la possibilité de travailler à distance un facteur de « réduction de la fatigue liée au temps de transport et la diminution du stress lié à l’urgence du quotidien ».

Les agents télétravailleurs estiment par ailleurs « avoir gagné en efficacité avec la mise en place d’une nouvelle organisation du travail qui fonctionne mieux, un partage des tâches dans la semaine qui permet de moins se disperser et la satisfaction d’avancer mieux et plus vite ». Selon l’étude de la DGAFP, les bénéficiaires du dispositif déplorent toutefois la persistance de problèmes techniques, notamment en raison « des accès distants aux applications informatiques ou de la faible dématérialisation des procédures ».

 

Un casse-tête pour les services RH

 

Au niveau de l’encadrement, le son de cloche est sensiblement différent. Les managers publics mettent d’abord en avant un sentiment de perte d’efficacité qui serait inhérent au télétravail. Ils expriment notamment leur crainte de voir le management à distance altérer les relations qu’ils entretiennent avec leurs équipes. Et redoutent in fine une perte de productivité et d’efficacité chez l’agent exerçant une partie de son service en télétravail. Enfin, les employeurs publics mettent surtout en avant les contraintes réglementaires et militent donc pour un assouplissement de ce texte qui constitue un véritable casse-tête pour les services RH.

 

Emmanuelle Quémard

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