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Travail dans l’urgence : attention danger pour les agents publics !



Près de 90% des employeurs publics, contre 70% des employeurs privés, ont déclaré en 2016 une exposition de leurs agents aux risques psychosociaux au cours des trois dernières années, mettant en place des dispositifs de prévention pour enrayer ce phénomène.

Tel est le principal enseignement d’une étude que vient de publier la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) à partir des données recueillies auprès des employeurs lors de deux enquêtes réalisées en 2013 et 2016 sur les conditions de travail et les risques psychosociaux (RPS) dans les secteurs privé et public.

L’étude de la DGAFP rappelle  aussi que 44 % des employeurs – secteurs privé et public confondus – estiment qu’aucun de leurs salariés  (soit 13 % de l’ensemble des salariés) n’est exposé à l’un des huit risques psychosociaux recensés.

  • Nécessité de travailler dans l’urgence.
  • Sentiment de ne pas pouvoir faire un travail de qualité.
  • Tensions entre collègues, avec la hiérarchie, avec le public ou les usagers.
  • Crainte de se retrouver au chômage.
  • Horaires de travail imprévisibles.
  • Charge de travail trop importante.

 

Intensité du travail

 

Dans le public, tous les employeurs n’ont pas la pas la même perception des risques psychosociaux au sein des établissements. Les employeurs de la FPE estiment qu’au moins la moitié des agents sont exposés à au moins un risque psychosocial. Ceux de l’hospitalière déclarent que seulement 10 à 50 % des personnels sont concernés. Et ce même si la taille plus importante des établissements de ce versant traduit sans doute une part plus élevée d’agents impactés par les RPS. Enfin, les employeurs territoriaux soulignent également une exposition localisée ou généralisée de leurs agents à plusieurs risques ; en particulier aux risques relatifs à l’intensité du travail.

 

Personnel de l’Etat le plus impacté

 

Parmi les facteurs de risques psychosociaux mis en évidence par les employeurs publics, celui du travail dans l’urgence a connu la plus forte progression entre 2013 et 2016. Ils sont passés de 54,5 à 56,3% d’agents exposés de manière localisée ou généralisée à ce risque. C’est le personnel de l’Etat (hors enseignement), qui est le plus fortement impacté par ce phénomène (67% en 2016) devant celui de la FPH (64,6%). Les agents de la FPT sont les moins nombreux à exprimer un malaise vis-à-vis des cadences de travail (53,6%).

Les autres RPS les plus massivement déclarés par les employeurs publics concernent les agents ayant exprimé le sentiment de ne pas pouvoir faire un travail de qualité (46,6% en 2016). Mais également la charge de travail trop importante (43,7%) ou encore les tensions avec le public (41,3%). En revanche, les tensions avec la hiérarchie (26,5%) ou les horaires imprévisibles (14%) ne semblent pas être globalement des facteurs de RPS  majeurs au sein des trois versants de la fonction publique.

 

Emmanuelle Quémard

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