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Actus Recruteurs : RH et Management

« Le positionnement stratégique du DRH est renforcé »



Composée de 95 articles, la loi de transformation de la fonction publique du 7 août 2019 concerne de nombreux domaines du statut de la fonction publique territoriale et notamment le secteur des ressources humaines : réforme des instances de dialogue social, du cadre déontologique, élargissement du recours aux contractuels, harmonisation de l’échelle des sanctions disciplinaires, mesures facilitant la mobilité, l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, ainsi que les parcours professionnels des personnes en situation de handicap… La gestion des ressources humaines dans l’ensemble des collectivités territoriales va rapidement être impactée par ces nouvelles mesures législatives, notamment au niveau des procédures de recrutement, de la mobilité professionnelle et du dialogue social. Entretien avec Régine Palumbo, responsable du pôle de compétences ressources humaines au CNFPT.

Quelles seront à votre avis les conséquences de la loi de transformation de la fonction publique sur les ressources humaines ?

 

Je crois que l’évolution la plus importante se cristallisera autour de l’affirmation du rôle de conseil du RH vis-à-vis de l’exécutif. Prenons le cas de la rupture conventionnelle. L’autorité territoriale sera amenée à demander plus de conseils sur la pertinence et le coût d’une telle décision. De même, sur le droit de grève, la loi impose de définir un service minimum pour certains services publics territoriaux, et le DRH jouera un rôle essentiel dans ces futures négociations. De manière générale, son rôle stratégique sera renforcé. Il sera plus un partenaire dans la décision qu’un simple prestataire.

 

Comment la Gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences (Gpeec) va-t-elle être impactée ?

 

Il est encore trop tôt pour mesurer cet impact. Il sera cependant important de suivre la manière dont les collectivités vont s’emparer des lignes directrices de gestion prévues. Dans le même temps les DRH réfléchissent à mettre en place de nouveaux lieux d’expression du dialogue social, dans la mesure où les attributions des CAP ont été considérablement réduites.

 

Est-ce que les métiers RH vont évoluer et comment le CNFPT affine-t-il son offre de formation ?

 

A l’évidence, les postes de chefs de projet vont avoir tendance à se multiplier pour accompagner ces transformations. D’autres mouvements sont en cours, comme la digitalisation des processus RH. Le vrai défi, pour nous, c’est d’anticiper les évolutions pour maintenir la qualité des services rendus. La loi nous donne par ailleurs des nouvelles obligations, notamment la formation d’intégration pour les contrats supérieurs à 1 an ainsi que la formation des policiers municipaux. Sans oublier la formation des apprentis, qui devra se faire sans financement supplémentaire alors que son coût est évalué entre 30 à 50 M€. Le CNFPT proposera en 2020 des journées d’actualité où tous ces thèmes sont abordés. Elles permettront aux services RH d’intégrer progressivement les attentes de la nouvelle loi.

 

Stéphane Menu

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